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1ére partie du compte rendu des 3emes Assises de la Photographie

3èmes Assises de la Photographie

 

Compte rendu 1ère partie

Formation – Industrie photo - Prévention santé

 

Les 3èmes Assises de la photographie se sont  tenues le 25 mars dernier à Paris. Placées sous l’égide de la CPNEFP (Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle) cet événement aura accueilli 80 participants au siège de l’AG2R La mondiale, l’un des principaux partenaires de la branche photo. Fidèle à sa vocation, cette journée de travail est l’occasion pour les partenaires, les membres de la CPNEFP et le président de la FNP de faire état des avancées qui concernent la branche des métiers de la photographie et de promouvoir les meilleures pratiques qui favorisent le développement et la solidité des entreprises du secteur.

 

 

Paritarisme, le maillon

Savez-vous comment les conventions collectives sont modifiées ? Comment le Ministère du travail est informé des besoins du secteur ? Ou encore comment le taux d’augmentation légal des salaires est défini ? Réponse : grâce à la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (CPNEFP) dont les membres (composés de représentants des salariés et des chefs d’entreprise de la branche) se réunissent chaque mois pour négocier et prendre des décisions face à l’évolution des métiers et de la législation. Une mission clé, largement méconnue, qu’Oury Bouskila (représentant encadrement à la CPNEFP) a rappelé en ouverture de cette journée d’assises.

Big bang sur la formation

La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage est l’incontournable sujet de année ! La réforme initiée par le gouvernement en 2017 — dont les décrets auront été attendus jusqu’au 30 décembre 2018 — bouleverse l’ensemble des règles existantes concernant le financement mais également l’accès à la formation professionnelle dans le cadre de la loi « Pour la liberté de choisir sont avenir professionnel » adoptée au cours de l’été 2018. Cela va du mode de collecte du 1% formation auprès des entreprises (par l’Urssaf), à la préservation des fonds (par la Caisse des Dépôts), en passant par les modalités d’accès à la formation (via une application sur smartphone)  ou encore la rémunération des organismes de formation seront rémunérés (mise en place de coût contrat défini par la branche), sans oublier les modalités d’évaluation des formations ! Autant dire que c’est l’ensemble du dispositif de la formation professionnelle qui est revisité !

La conduite de la réforme aura entraîné un changement de mission du Forco : l’OPCO du commerce et de la distribution est devenu depuis le 1er avril opérateur de compétences au service des branches.  L’organisme partenaire de la branche photo, rebaptisé Opcommerce, garde ses prérogatives sur la formation, voit son rôle renforcé en matière d’accompagnement et de services aux entreprises de la branche photo.

Cette réforme aura été détaillée par les dirigeant de l’Opcommerce (ex Forco) avec une présentation complète que nous vous proposons de consulter sur notre site (voir onglet 3èmes Assises de la photographie). Pour les entreprises de la photographie, l’Opcommerce reste l’organisme de pilotage de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Treize délégations régionales, sont à disposition des dirigeants d’entreprise partout en France pour la formation de leurs salariés (dispositifs et financement associés). Pour recruter et former, trois solutions ont été exposées : contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation et préparation opérationnelle à l’emploi. La professionnalisation  des collaborateurs peut être pris en charge dans le cas d’un projet de reconversion ou de promotion par l’alternance (Pro A). L’usage du Compte personnel de Formation (CPF), autorise les salariés à accéder à la formation de leur choix, avec ou sans l’employeur. Dans le même temps, afin de faciliter la transformation des entreprises et leur adaptation au marché, de nouveaux services sont proposés par l’OPcommerce: Cap Compétences Commerce (outils RH), Digi PME (transformation numérique),  Innov PME (rester en phase avec le secteur) et même service d’accompagnement avec les organismes de formation locaux (se référer à la  présentation Forco sur notre site).

La formation, comme levier de développement

Du côté du terrain, le demande de visibilité à moyen termes reste forte, même si le Forco rappelle que toutes les dispositions sont prises pour éviter toute rupture de services entre les anciens et les nouveaux dispositifs de formation (notamment en termes de financement). Christophe Callabat dirigeant d’Europhoto (Nevers) et Laurence Plaire  salariée chez Pictis Château-d’Oléron, tous deux invités comme témoins, n’ont pas manqué de faire remarquer que la période transitoire 2018-2019 aura fait perdre plus de six mois aux entreprises dans leur actions de formation. Pour Laurence Plaire qui a rejoint le secteur photo récemment, avec le projet de suivre la formation GUCS nouvellement créée, il s’agit d’attendre la publication des décrets pour savoir si son projet peut être financé. De son côté le patron d’Europhoto regrettait de ne pouvoir s’engager dès maintenant sur un recrutement d’apprenti alors que le gouvernement n’a pas clairement défini son intention sur les questions de financement. Dans l’attente d’une publication vers le 15 avril 2019 par France Compétences des coûts contrat définis par la branche (permettant d’évaluer le coût des formations qualifiantes), les entreprises restent donc prudentes. Les échanges auront permis à Christophe Callabat de rappeler l’importance qu’il attachait aux  compétences commerciales de ses futurs employés, avec une priorité donnée aux jeunes qui ont la fibre « vente ».  « Après plus de vingt ans  de recrutements vers des CAP photo qui peinaient à apprendre la vente, je me suis aperçu qu’il était finalement plus facile pour moi de sélectionner des profils formation-vente que je forme à la photo». Ce dirigeant qui travaille avec quatre salariés, et qui investit 3 à 5 000 euros par an en formation, adopte un principe simple de retour sur investissements. « Si je dépense 1 000 euros en formation, et que cela me rapporte 2 000 euros, cela me va très bien. Ce n’est pas le coût de la formation qui m’importe, c’est ce qu’elle me rapporte ! » a t-il rappelé. Une logique trop rare chez les chefs d’entreprise du secteur qui courent après des formations gratuites, sans projet construit de développement. Et de rajouter : « Faire une formation puisqu’elle est remboursée, ça n’a pas de sens ! La multitude d’organismes de formations qui mettent en avant le fait que la formation soit prise en charge m‘agace. Ce qui compte c’est avant tout leur efficacité ! » a-t-il souligné.

Concentration des branches : work in progress

Il faut comprendre que ce projet de réforme gouvernementale de la formation professionnelle s’inscrit dans un contexte plus large visant à faire endosser aux branches professionnelles des responsabilités plus importantes que celles qu’elles assument aujourd’hui. Les professionnels ne sont-ils pas, secteur par secteur, les mieux placés pour définir leur avenir et accompagner la transformation de leurs métiers ?  C’est le mantra du Ministère du travail depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. Héritage de l’histoire et des trente glorieuses, les 700 branches  professionnelles (dont certaines totalement inopérantes pour ne pas dire fantaisistes…), sont toutes entrées en 2018 dans un grand mouvement de rapprochement forcé : 200 aujourd’hui et peut-être 100 demain. Cette rationalisation exigée par le Ministère du travail vise une plus grande efficacité et une simplification réglementaire : comme par exemple la mise en place de conventions collectives communes à plusieurs secteurs proches, amendées pour tenir compte des spécificités des métiers, permettront de simplifier l’écheveau des textes du Code du travail actuel. C’est la promesse. Cette réforme ambitieuse, portera les branches dynamiques en faisant disparaître celles qui n’auront pas fait la preuve de leur utilité. C’est bien dans ce nouveau schéma que s’inscrit l’action de Philippe Paillat, président de la Fédération Nationale de la Photographie.

 

 

L’industrie photo dopée à la data

La contribution de Mustapha Zaouali, directeur des opérations chez Photobox permet de construire une nouvelle représentation des métiers de l’industrie photo, et celle-ci devrait pouvoir servir le développement des PME. Si Photobox compte six usines de production en Europe avec des  milliers de salariés qui assurent la production dans des atelier d’impression et de confection des livres et objets photographiques, l’entreprise intègre depuis plusieurs années de nouveaux profils de métiers pour percer le secret du contenu des images et des habitudes de consommation en ligne. Data et intelligence artificielle sont devenus les maîtres mots du développement de cette industrie permettant de mieux personnaliser les services et d’anticiper sur les besoins des clients. L’entreprise qui appartient à la branche photo depuis ses débuts en 1999 sous le nom Photoways, est n°1 en Europe avec 420 millions de CA en 2018 (en concurrence frontale avec Cewe sur ses marchés). Sa particularité, disposer d’un centre R&D dans le quartier du Marais au cœur de Paris, avec 40 salariés essentiellement dédiés au développement d’algorithmes. Les data analyst (DA), algoritmiciens et Business Intelligence Manager (BMI) venus des grandes entreprise du digital, se construisent ainsi un parcours professionnels en développant de nouvelles compétences en interne explique Mustapha Zaouali. « Le comportement de nos clients est analysé en permanence et nous pouvons ainsi proposer une offre individualisée, adaptée en fonction de chacun d’eux » poursuit-il,  tout en précisant que la règlementation européenne GRPD n’a pas provoqué de big-bang de gestion de la donnée, car  l’entreprise obéissait scrupuleusement déjà aux règles de la CNIL.

Mustapha Zaouali énonce deux défis à relever par cette industrie : « On n’a jamais pris autant de photos de notre vie. Trouver les bonnes photos, celles que l’on veut mettre en avant parmi des milliers de prise de vue d’un voyage, c’est difficile !  Les livres photo demandent beaucoup d’investissement temps, et c’est une vraie barrière à l’entrée. Pour amener les clients et de nouveaux clients à faire de nouveaux livres photo, il faut les aider. Donc l’IA nous aide à cela. » Deuxième défi, le smartphone, poursuit-il : « Aujourd’hui on n’a pas de livre photo sur les smartphones. L’acteur qui parviendra à le faire sera le grand gagnant. » Pour Mustapha Zaouali, la valeur est finalement contenue dans l’engagement affectif entre les photographies et ceux qui les regardent. « Nous essayons de retrouver ce que le client a voulu faire avec sa photo et c’est ce lien que l’on recherche en permanence grâce à l’analyse de la data. »

Nouveaux programmes de prévention-santé

Partenaire de la branche des métiers de la photographie depuis 2002, l’AG2R La Mondiale accueillait dans ses locaux les 3èmes Asssises de la Photographie. L’occasion pour Nicolas Friederich, directeur adjoint accords de branches, et Nadia Tamrabet, directrice du développement, de présenter les nouveaux dispositifs et programmes accessibles aux membres de branche : prévention de l’épuisement professionnel du chef d’entrepris, diagnostic par imagerie 3D en cas d’intervention chirurgicale liée à un cancer, programme de prévention de la récidive pour les anciens malades du cancer, ou encore prévention des risques bucco-dentaires à 35 et 55 ans. L’assureur mutualiste complète ainsi les zones grises de prise en charge de l’assurance maladie. Une stratégie préventive à long terme qui vise le maintien des personnes en meilleure santé tout au long de leur vie, tout en donnant la priorité aux coûts moindre de la prévention. Ces nouveaux services s’ajoutent à ceux, plus classiques, des programmes de prévention des risques d’accident du travail ou encore des troubles musculo-squelettiques (TMS). L’accueil réservé au secteur et l’accès à ces nouveaux services, confirment le soutien de l’AG2R La Mondiale aux professionnels de la photographie.

 

 

Compte rendu 2ème partie

Saisir les opportunités du digital

(à venir mi avril 2019)